Géraldine Laurent 
« Cooking » Quartet


Saxophoniste flamboyante

Depuis quelques années, Géraldine Laurent a imposé sa personnalité dans l’univers du jazz. Un son d’alto chaud, un phrasé aux découpes très rythmées, un lyrisme flamboyant, un engagement dans l’improvisation qui rappelle de grands altistes de l’histoire du jazz, de Charlie Parker à Eric Dolphy en passant par le méconnu Gigi Gryce auquel elle a rendu hommage. À la tête d’un nouveau quartet où brille le pianiste Paul Lay (musicien de l’année 2016 selon l’Académie du jazz), elle présente le répertoire d’un nouvel album intitulé « Cooking » qui nous rappelle que le jazz est une musique de plaisir et de bonnes recettes et que, de la batterie aux cuivres, il s’agit bien souvent de concocter des morceaux qui font vibrer l’oreille comme d’autres le palais !

Avec : 

  • Géraldine Laurent (saxophone alto)

  • Paul Lay (piano), Yoni Zelnik (contrebasse)

  • Donald Kontomanou (batterie)

Édito

Construire une programmation est une responsabilité au regard des innombrables musiciens qui ont fait le choix de s’engager dans une carrière artistique. Qui retenir ? Qui sélectionner dans un champ aussi vaste que celui du jazz, face à une telle profusion ? Tout d’abord, tenter d’offrir un échantillon de talents remarquables, dans toutes les directions que le jazz peut prendre de nos jours, en France comme ailleurs, de ceux qui sont fidèles à une vision respectueuse de sa tradition jusqu’à ceux qui l’empruntent pour mieux tenter d’en élargir le périmètre esthétique. On en trouvera un éventail représentatif parmi les artistes qui prennent part à cette nouvelle saison de Sorano Jazz. Ensuite, s’accorder sur un dénominateur commun : celui de faire entendre une voix originale, quelqu’un qui sache, sur son instrument, développer un discours personnel, quelle que soit sa démarche esthétique. Car au fond, dans le jazz — et c’est une de ses grandes lignes de force de sa modernité — peu importe que la forme soit savante ou simple, que le propos soit avant-gardiste ou classique, ce qui réunit musicien et spectateur est avant tout une forme de sincérité et d’authenticité du geste créatif. Une singularité qui ne s’explique pas nécessairement mais qui, par la combinaison d’une invention et d’une expression, nous donne la conviction d’être face à un artiste qui a la capacité de nous faire entendre quelque chose de différent, d’intègre, de profond et d’émouvant. Pas un des musiciens programmés cette année n’échappe à cette règle ; c’est du moins ma conviction. Que vous la partagiez à l’issue de cette nouvelle série serait la plus belle des récompenses.

Vincent Bessières